Ma nord-américanité n’est-elle qu’une façade?

J’étais parti à la recherche de ma nord-américanité, je suis revenu et je la cherche encore. Où est-elle? Dans mon besoin toujours inassouvi de nouveaux espaces, dans mon faible pour les sonorités folks, dans ma capacité sociale à me projeter dans un horizon sans limites? Mon périple a été trop court et je n’ai fait qu’effleurer les choses. Mais je me demande en bout de ligne si ma nord-américanité n’est pas en fait qu’une façade, une sorte de coquille vide qui ne peut être abordée autrement que par sa surface. Je tente une explication.

Si je récapitule mes chroniques en caricaturant quelque peu mes propos, je décrirais la parfaite scène nord-américaine de la façon suivante : un homme, blanc, seul, debout devant une terre sauvage, portant un pantalon et une veste en jean, fredonnant un air en anglais, un sentiment de liberté émanant de lui. Pas très originale comme mise en scène, je sais, mais pourquoi tant de gens arriveraient sensiblement au même résultat si on leur enjoignait de représenter la nord-américanité? Je vous le dis, vouloir à tout prix se distancer des clichés, c’est quand même utiliser ces clichés comme points de repère.

Alors que je fuis d’ordinaire les lieux communs lorsque je voyage, j’ai essayé cette fois-ci de les laisser venir à moi. Je n’ai pas rencontré cet homme blanc tout habillé de jean ailleurs dans les films de James Dean, mais j’estime avoir vécu des moments qui m’ont donné l’impression d’évoluer dans un décor nord-américain. Un trajet à bord d’un autobus Greyound, une marche au milieu des gratte-ciel, un paysage postindustriel composé d’édifices désaffectés, une conversation en anglais au sujet du rêve américain, un spectacle parmi un parterre rempli de hipsters. Étais-je plus à l’affût de ces moments parce qu’ils correspondaient à l’idée que je me faisais de la nord-américanité? Évidemment. Je voyageais avec tout mon bagage, personnel et culturel.

Après tous ces kilomètres de réflexion, je réalise qu’envisager la nord-américanité sous l’angle de l’altérité aurait sans doute été plus facile que de l’explorer sous l’angle de la similarité (Gaudreault, 2011). En effet, il est toujours plus aisé de reconnaître les éléments qui ne cadrent pas dans une scène que ceux qui se fondent dans le décor. Si j’avais voulu définir en quoi je ne suis pas nord-américain, j’aurais parlé du français, de mon appartenance à une nation minoritaire, de mon rapport à l’argent, de ma conception de la solidarité sociale. Compte tenu mes spécificités, comment expliquer alors cette absence de dépaysement tout au long de ma route? Je dirais que je ne suis peut-être pas fondamentalement nord-américain, comme je le pensais au départ, plutôt superficiellement nord-américain.

Je partage trop de traits généraux avec les nord-américains que j’ai rencontrés pour rejeter complètement ma filiation nord-américaine. Mon individualisme, mon rapport au travail, mon mode de vie font de moi un nord-américain. Ma différence se trouve bien entendu au-delà de ces généralités, mais en surface, je dirais que je suis bel et bien nord-américain. En creusant, je pourrais sans doute identifier une série de caractéristiques qui me distinguent personnellement ou en tant que Québécois ou en tant que francophone ou en tant qu’homme, mais je resterai à la surface des choses.

Les chroniques de ma nord-américanité sont donc officiellement terminées. En espérant que ce récit très subjectif ait suscité chez vous quelques questionnements sur votre propre nord-américanité, du moins quelques froncements de sourcils, au mieux quelques rires en coin. Une bonne dose d’autodérision ne fait pas de tort à personne! Je vous laisse sur la parfaite musique nord-américaine de générique. Il n’y a pas vraiment de lien avec cet épilogue, c’est juste une de mes chansons préférées de Dylan!


Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

The (North) American Dream

Qui n’a jamais rêvé d’une vie prospère forgée par l’effort et la détermination? Qui n’a jamais voulu d’une vie tournée vers l’avenir et promettant des jours meilleurs? Qui n’a jamais espéré une vie où tout devient possible? Qui? Si vous avez répondu par la négative à l’ensemble de ces questions, c’est probablement parce que vous êtes un nord-américain d’origine. The (North) American Dream est un mythe, une croyance collective tenace, mais c’est justement le caractère mythique de ce récit qui en a fait un des moteurs de l’histoire nord-américaine.

Mais qu’est-ce donc que le (North) American Dream – je me permets ici de repousser la frontière nordique de cette expression. Je dirais dans un premier temps que c’est le rêve derrière les nombreuses vagues migratoires qu’a connues l’Amérique du Nord. C’est l’idée que se faisaient les Non-nord-américains de la vie ici avant d’y immigrer. The (North) American Dream, c’est l’accès à la société de consommation, c’est l’horizon de l’enrichissement personnel, c’est la maison avec les électroménagers, la Cadillac et le chien dans la cour.

Si le (North) American Dream est une notion qui commence à dater, l’Amérique du Nord ayant perdu son lustre d’antan, je pense que le rêve est encore présent. La société de consommation est bien sûr dans tous les magasins à grande surface, mais au-delà de cela, les success stories continuent d’habiter l’imaginaire populaire. Je parle ici de ces hommes – et parfois de ces femmes – qui, partis de rien, se sont retrouvés au haut de l’échelle sociale. Même si ces histoires sont marginales par rapport à la trajectoire de la très majorité des Nord-américains, elles occupent une place importante dans l’espace public et perpétuent ainsi le mythe.

Que représente aujourd’hui le (North) American Dream pour le Nord-américain? Naïvement, j’ai interrogé à ce sujet quelques personnes rencontrées durant les derniers miles de mon parcours. Je dirais que ma question a suscité plus de regards dubitatifs que d’enchainements de phrases, mais j’ai tout de même retiré deux ou trois trucs intéressants de mes échanges. Le (North) American Dream est indissociable du travail, du fait de travailler beaucoup. Il est aussi très lié à l’idéal banlieusard : maison, famille, auto, etc. Les jeunes urbains interviewés ont cependant pris la peine de mentionner que cet idéal banlieusard ne faisait pas partie de leur rêve (nord-)américain…

Finalement, c’est peut-être ça le (North) American Dream, avoir l’impression de décider par soi-même de ce que sera sa vie. C’est profondément individualiste, mais tellement nord-américain. Le point de vue d’un Français pour conclure cette chronique, Joe Dassin qui chante le rêve (nord-)américain. L’épilogue à ces chroniques de ma nord-américanité suivra dans quelques jours, je vous dévoilerai enfin en quoi je suis nord-américain.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

L’histoire de l’homme blanc nord-américain vue par un autre homme blanc nord-américain

Il était une fois un homme, un homme blanc. Cet homme blanc avait de grands idéaux, il rêvait d’un monde moderne fondé sur la justice, l’égalité et la liberté. Pour atteindre ce rêve, il avait besoin d’une terre neuve, une terre où tout était encore à faire. Il était prêt à tout pour qu’advienne ce nouveau monde, même à se battre s’il le fallait, et blablabla. Pourquoi l’histoire nord-américaine qu’on me raconte depuis quelques semaines ne met-elle en scène que des hommes blancs, à quelques exceptions près? Cette chronique se veut une réflexion tenue par un homme blanc sur le statut social de l’homme blanc dans la société nord-américaine.

Revisitant le passé nord-américain à travers les nombreux sites historiques de Philadelphie, je ne peux que constater la masculinité et la blanchitude généralisées de ses personnages. Où sont dans ces grands récits les centaines de femmes, de noirs, de latino-américains que je croise chaque jour dans la rue? Je sais que les temps ont changé, que l’Amérique du Nord s’est diversifiée, que cette histoire appartient à une autre époque, mais tout de même. Je sais aussi que la question raciale est un sujet extrêmement complexe aux États-Unis que ce n’est pas quelques semaines d’observation qui me permettront de distinguer les multilpes facettes de cette réalité sociale, mais tout de même. Je pense que la façon dont on raconte son histoire, tant personnelle que collective, en dit long sur ce que l’on valorise.

J’y vais d’une anecdote pour illustrer mon propos. Chicago, première semaine de mon périple, je rentre à mon appartement d’accueil à la fin de la soirée. Un de mes colocataires d’accueil est en train de visionner un épisode de The Story Of Us, une série sur l’histoire des États-Unis. Après avoir ressenti une joie intérieure à l’idée de vivre un “moment nord-américain”, je m’intéresse plus sérieusement au contenu dudit épisode. Je suis alors fasciné par la trame narrative, qui se résume essentiellement au scénario suivant : la nation a fait face à de graves problèmes, mais le génie de l’homme blanc a toujours permis de les surmonter. Bien que cette série ait peu de valeur sur le plan artistique, elle en a sans doute une dans la culture populaire. Et le message qu’elle envoie est que les États-Unis ont été édifiés par l’homme blanc. Je pourrais faire la même remarque sur le contenu des expositions que j’ai visitées ici.

La division raciale est perceptible non seulement dans les représentations de l’histoire, mais également dans l’organisation spatiale. Quand j’explore une nouvelle ville comme Philadelphie, je me demande toujours qui habite où, comment se répartit la population dans l’espace urbain. Encore là, force est de constater que la mixité sociale demeure un concept et que les zones plus dévitalisées sont rarement occupées par l’homme blanc. Rien de bien surprenant dans cette observation, mais je ne peux me fier qu’à la surface des choses…

Évidemment, je ne peux m’exlure de cette réflexion, étant moi-même un homme blanc nord-américain – je pourrais ajouter jeune/hétérosexuel/éduqué. Le statut social que me confère l’histoire nord-américaine, inséparable de sa culture, vient avec des privilèges que je ne peux nier. Le simple fait de me sentir en sécurité lorsque je débarque le soir dans une ville m’étant inconnue est une forme de privilège. Voyager seul sans trop de craintes en est une autre forme. Et je ne parle pas de tous ces privilèges dont je n’ai même pas conscience, car j’ai grandi avec mon statut social. Alors, comment faire autrement? Peut-être en écoutant d’autres personnes que des hommes blancs nord-américains raconter l’histoire, je me tais.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Les faux amis

Je dois vous faire une confidence : j’ai longtemps détesté la langue anglaise. À l’école secondaire, les cours d’anglais représentaient pour moi une source de stress et de désagrément. À la suite des mes étude collégiales, dès que j’ai pu couper les ponts avec l’anglais, je l’ai fait. Je savais cependant que je devrais un jour ou l’autre régler mes comptes avec cette langue.

Mais comment expliquer ce rapport si problématique à l’anglais? Premièrement, il faut dire que j’ai grandi dans une ville où l’anglais est la langue parlée par les étrangers, par ceux qui visitent et qui repartent après. Deuxièmement, plus jeune, je n’avais aucun intérêt à maîtriser l’anglais : aucun projet de voyage, aucune personne anglophone dans mon entourage, aucun contact avec la télévision en anglais, si ce n’est que lors des changements de poste. Je dirais que cette situation a perduré jusqu’à ce que mon quasi-anaphalbétisme en anglais ne se dresse plus sérieusement comme un obstacle dans mon parcours académique.

Voilà, je me suis pris en main et je vais mieux maintenant. Mon anglais est plus fluide et je suis capable d’utiliser le present perfect à bon escient. Je commets bien sûr encore quelques erreurs, surtout lorsqu’il s’agit de prononcer un mot commençant par w, mais somme toute, j’entretiens un rapport disons plus harmonieux avec l’anglais. C’est une étape importante dans l’affirmation de mon appartenance à la culture nord-américaine, car dans mon livre à moi le nord-américain parle anglais…

Je vous entends déjà me traiter de petit intellectuel de salon néocolonisé en lisant ce dernier énoncé. La question linguistique est encore et toujours un sujet sensible au Québec, j’en suis tout à fait conscient. Pour calmer le jeu, je tiens à spécifier que je n’éprouve aucune honte à parler français, au contraire. Tout ce que je cherche à souligner ici c’est que l’anglais, en tant que langue d’ échange entre la très grande majorité des nord-américains, constitue à mon sens un élément central de la nord-américanité. (Vous aurez compris que le Mexique ne fait pas partie de ma conception de la nord-américanité, du moins pour l’instant. Je devrai m’y rendre pour voir à cela).

Autant ma progression en anglais me donne l’impression de me rapprocher de ma propre nord-américanité, autant j’ai le sentiment que cette impression est en fait une fausse impression. Connaissez-vous les faux amis? Ces mots qui s’emploient tant en français qu’en anglais mais qui ne signifient pas la même chose. C’est un peu ce que je ressens lorsque je m’exprime en anglais; j’ai beau élargir mon champ lexical, j’ai avant tout l’impression de devoir traduire ma pensée. J’utilise sans cesse des mots qui ne veulent pas dire la même chose pour mes interlocuteurs, sans doute parce que mon immersion est encore trop récente.

Toute cette réflexion sur la langue nord-américaine me fait penser à une chanson de Philippe B. Cet artiste québécois démontre – heureusement – qu’il est possible d’exprimer sa nord-américanité en français. Il faut que ça soit possible, sinon j’aurai besoin de beaucoup plus de temps avant de me déclarer nord-américain. En plus, le titre de la chanson vous annonce le lieu de ma troisième escale!

Publié dans Uncategorized | 1 Commentaire

Pourquoi j’aime les places de hipsters?

J’ai hésité avant d’écrire cette chronique. Parce que je considère avoir été suffisamment associé à la sous-culture hipsterienne  au cours de la dernière année pour ne pas vouloir en rajouter. Mais aussi parce que le terme « hipster » a tellement été utilisé à toutes les sauces qu’il est maintenant galvaudé. Malgré tout cela, j’ai quand même décidé d’écrire sur les hipsters car ils sont à mon avis représentatifs d’une certaine jeunesse nord-américaine.

D’abord, il faut s’entendre sur le mot. Pour moi, le « hipsterisme » désigne un style de vie adopté par plusieurs jeunes nord-américains, principalement âgés  entre 20 et 35 ans, qui habitent les grands centres urbains. Selon mes observations, les hipsters démontrent un intérêt marqué pour les arts, les activités intellectuelles et la contre-culture, en plus de présenter un penchant particulier pour le kitsch. Ils sont généralement anglophones, bien que la maîtrise du français soit valorisée par ceux-ci, étant donné le riche passé culturel de cette langue. Individus postmodernes, les hipsters sont passés maîtres dans l’art de la mise en scène, c’est-à-dire qu’ils apprécient souvent les choses non pas pour ce qu’elles sont concrètement mais pour ce qu’elles représentent. En apparence, ils sont reconnaissables entre autres par leurs jeans filiformes, leurs accesoires « vintage » et leurs lunettes à monture épaisse. Évidemment, il existe plusieurs variantes de hipsters, car il importe également de mentionner que ces derniers détestent les clichés, ce qui les pousse à vouloir se différencier continuellement.

Voilà pour ce qui est de ma définition – subjective bien entendu –, maintenant  voyons en quoi les hipsters sont nord-américains. Il faut dire que l’appellation « hipster » n’est pas nouvelle en soi, elle remonte au milieu du XXe siècle. Elle servait alors à décrire la beat generation, celle qui cherchait une intensité existentielle dans toutes sortes d’expériences pour exorciser son mal de vivre. On The Road, le célèbre roman de Kerouac sur la beat generation, a eu pour titre The Hipsters à un certain moment de sa rédaction, c’est tout dire.

Poursuivant la démonstration que le terme « hipster » n’est pas un nouveau mot, je recopie ici un extrait d’un texte paru en 1957 : « The hipster is an enfant terrible turned inside out. In character with his time, he is trying to get back at the conformists by lying low … You can’t interview a hipster because his main goal is to keep out of a society which, he thinks, is trying to make everyone over in its own image. » (Bird in Mailer, 1957 : 1) Autre temps, autres moeurs, mais l’essentiel y était déjà.

Selon moi, les hipsters sont représentatifs de la nord-américanité dans leur façon de se réapproprier des éléments culturels dont ils ne sont pas les premiers détenteurs. Par exemple, les hipsters aiment porter la moustache, même si ce comportement n’est pas coutume chez la jeune génération. Ils exposent ainsi leur goût particulier. La jeune culture nord-américaine est elle aussi un amalgame de toutes sortes d’éléments culturels, étant donné qu’elle est issue du mélange entre les différentes vagues d’immigration – y compris autochtones – qui ont peuplé le territoire.  Je vois dans cette tendance des hipsters à          « emprunter » un trait nord-américain, peut-être pas spécifiquement nord-américain, mais historiquement nord-américain quand même.

Et pourquoi j’aime les places de hipsters? Je vous laisse répondre à cette question. En passant, je suis maintenant à Pittsburgh, pour que cette ville soit plus qu’une équipe de hockey pour moi!

Publié dans Uncategorized | 2 Commentaires

Musique FOLKlorique

Même si l’idée de commencer mon périple à Chicago n’était pas très raisonnée, il y avait quand même une ou deux raisons à l’origine de mon choix. À commencer par la tenue d’un festival de musique indépendante, auquel j’ai assisté samedi dernier.  Je crois y avoir vécu une expérience sonore nord-americaine. Je m’explique.

J’étais alors en compagnie d’un Italien rencontré par l’entremise de Couchsurfing, façon de voyager que je privilégie dans le cadre de mon présent périple.  Ainsi, après avoir entendu le dernier groupe de la journée, Fleet Foxes, j’ai demandé à l’Italien en quetion s’il avait apprecié leur prestation. Il m’a repondu par la négative en employant ces mots : “There are too american”. Le chroniqueur en moi a vu là un filon à exploiter. Dit autrement, il y avait anguille sous roche.

Je dois mettre en contexte cette affirmation, simple mais profonde, en décrivant quelque peu la formation musicale visée. Fleet Foxes est groupe étasunien qui produit un son essentiellement folk. Ses membres portent la barbe, les cheveux longs, la chemise à carreaux et parfois, le coat en jeans. En tant que bon groupe folk, sa musique donne une large place aux guitares et à l’harmonie des voix.

Malgré le fait que la nord-americanité ne soit pas réductible à un seul genre musical, le jazz et le rap pouvant tout autant la répresenter, je dois reconnaître que le folk est pour moi la musique nord-américaine par excellence. Rien de tel qu’une chanson folk aux accents country pour rappeler la route, les grands espaces, une ligne d’horizon fuyante, mon imaginaire nord-américain quoi!

En me trompant de ligne de metro cette semaine, j’ai encore eu l’impression d’assister à une scène nord-américaine. Il y avait dans mon wagon un jeune garçon, problablement âgé de quatorze ou de quinze ans, qui grattait une vieille guitare écorchée et chantait d’une voix nasiarde pour se faire quelques sous. Petites bretelles, chandail déchiré, bandeau au coup, casquette, le parfait cliché. Il correspondait en tous points à l’image que j’aurais pu me faire de lui avant même de le voir jouer dans le metro. Décidemment, je devrai continuer de rélechir sur la place des clichés dans ma nord-americanite.

En terminant, je vous annonce déjà que ma prochaine chronique portera sur la sous-culture hipsterienne, sujet pour le moins préoccupant dans ma quête. Je pense que certains d’entre vous attendent des explications de ma part à ce sujet. Je vous laisse sur un extrait vidéo du groupe de musique en question, pour que vous puissiez vous faire votre propre opinion à savoir s’ils sont trop américains!

Publié dans Uncategorized | 2 Commentaires

La conquête de l’espace

Lorsque j’arrive dans une nouvelle ville, je la cartographie; le centre-ville, les parcs, les cafés, les ruelles, tout y passe. J’identifie mes propres points de repère. J’aime chercher le quartier où j’habiterais si je vivais dans cette ville. C’est pour moi une sorte de conquête de l’espace.

Sur la route pour Chicago, à bord de mon autobus Greyhound - typiquement nord-américain - j’ai pensé que mon identité nord-américaine passait par mon rapport à l’espace ou plus précisément aux grands espaces. Tant d’étendues, tant de kilomètres de routes goudronnées, tant de no man’s lands. Il est indéniable que le nord-américain a historiquement fait preuve d’une volonté tenace à repousser les frontières, défricher les terres, aller là où personne – du moins des gens comme lui – n’avait encore foulé le sol.

En réfléchissant à tout ça, je me suis dit que l’esprit de conquête devait être un trait nord-américain, très probablement occidental en fait. Je parle ici de l’espace, au sens terre-à-terre du terme, mais également de toutes ces autres formes d’espace, plus en hauteur et plus abstraites. Les innombrables gratte-ciel qui occupent mon champ de vision à chaque fois que je tourne la tête depuis mon arrivée à Chicago sont aussi là pour témoigner de ce rapport de grandeur à l’espace.

Paradoxalement, même si le/la/l’ nord-américain – il peut bien définir son genre comme il le veut – tend à vouloir repousser les frontières, il s’entasse dans les villes. Je trouve Chicago extrêmement dense. Je me promène en périphérie du centre-ville et j’ai l’impression de marcher sur Ste-Catherine. Tant d’espaces physiques dans des pays-continents et pourtant cette tendance généralisée à l’urbanisation ou plutôt à la “suburbanisation”(en bon français la banlieutisation).

Pour conclure cette première vraie chronique, je vous suggère un extrait musical en lien avec le titre de celle-ci, une gracieuseté de la Muscial Tourist Association of Chicago (MTAC). Vous pouvez l’écouter après avoir lu mon texte – c’est logique puisque le lien se trouve à la fin – mais je vous recommande fortement de relire ma chronique lorsque vous ferez jouer l’extrait, l’expérience ne sera que plus complète!

Publié dans Uncategorized | 2 Commentaires